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Il n’est jamais trop tôt … pour apprendre le français!

André Charlebois

La rentrée scolaire est un moment palpitant pour la communauté, tant pour les élèves, pour les enseignantes et enseignants que pour les parents. Pour les élèves, on retrouve les amis qu’on n’a pas vu depuis deux mois. Pour les enseignantes et enseignants, c ’est le retour dans leur salle de classe, leur milieu de travail coutumier. Pour la plupart d’entre-eux, le retour à l’école leur permettra de mettre en pratique les notions et les stratégies apprises lors des cours ou de formation  reçus durant l’été. Pour les parents, c ’est le retour à la routine quotidienne.

Il existe un groupe d’élèves qui jubilent – « Enfin, je vais à l’école! Maintenant, je vais apprendrre à lire, à écrire, à compter et à parler français! » Même si dans la province de l’Ontario, l’apprentissage du français langue seconde débute en quatrième année, plusieurs conseils scolaires offrent un programme de français langue seconde dès le jardin d’enfants ou le niveau primaire.

 

Quelques idées à considérer…

Chez les élèves d’un jeune âge, l’apprentissage de la langue seconde doit se faire dans un  contexte aussi  naturel  que  possible. Les informations suivantes sont tirées des documents d’appui publiés par le Ministère de l’Éducation de l’Ontario.

1-Les enfants sont naturellement curieux au sujet de leur entourage. Les enseignantes et enseignants doivent guider les élèves dans un processus de recherches. Ceci amène le sélèves à poser des questions et explorer de nouveaux apprentissages.

2-Les enfants apprennent mieux lorsque l’apprentissage se fait de façon naturelle.

3-L’apprentissage est intégré à la vie quotidienne des élèves. On planifie des situations d’apprentissage qui rejoignent le vécu des élèves, tout en leur permettant d’interagir avec leur milieu.

4-L’activité physique est primordiale chez les jeunes élèves. Ils ont  un besoin de bouger et d’être actifs.

5-L’apprentissage se fait par le biais de liens interdisicplinaires. On planifie son enseignement dans cette veine.

 

Quelques stratégie utiles…

Les points mentionnés ci-dessus auront une incidence dans la planification de l’enseignement, des stratégies et des styles d’apprentissage des élèves. Les stratégies suivantes seront utiles, et tiennent compte du développement cognitif, social et intellectuel des élèves.

Il faut  aussi savoir qu’à  l’exception du  pro- gramme d’immersion, le Ministère de l’Éducation n’a pas établi de programme de français langue seconde pour le niveau primaire. Certains con- seils  scolaires  auront  toutefois  développé  et mis  en  œuvre  un  programme-maison  et  des ressources  qui  serviront  aux  enseignantes  et enseignants de français langue seconde. Il existe quelques ressources commerciales qui sont utiles et pratiques.

Ainsi font, font, font les petites marionnettes!

Des  enseignantes  et  enseignants  d’un  certain âge se rappellent sûrement des paroles de cette comptine de la belle époque de la télévision en noir  et  blanc.  Déjà,  on  réalisait  l’importance de l’art dramatique dans le développement des enfants.

Les marionnettes sont vos alliées. Lorsque les enfants acquièrent une nouvelle langue, il existe toujours  cette  période   silencieuse  tant  qu’ils n’ont pas encore acquis la confiance et les con- naissances de base de leur permettant d’entamer des conversations. La marionnette manipulée par l’enseignante ou  par  l’enseignant sera souvent l’autre personnage, celui en qui  l’enfant recon- naît la fantaisie, pas l’adulte qui le guide.

Cette  marionnette  peut  tout  faire  –  parler, chanter, compter, culbuter, jouer – enfin, tout ce qui attire l’enfant dans son développement et son apprentissage. Que ce soit des marionnettes à gaine, pour les doigts ou de grandeur nature, en se servant de boîtes de carton, ce mise en scène permet d’amener les élèves à parler français.

 

Et un, et deux, et trois!

Courir, sauter, lancer, marcher, à gauche, à droite – tous ces mouvements deviennent des moments privilégiés afin  d’amener  les  élèves du  niveau primaire à améliorer leur  compréhension de la langue tout en faisant de l’activité physique.

L’enseignante ou l’enseignant dit le vocabulaire, exécute le mouvement et les enfants l’imitent. On inverse les rôles – les enfants disent le vocabulaire et exécutent le mouvement. Une activité simple, amusante et motivante pour les élèves. On les encourage à créer des suites de mouvement, des séquences qui amènent les élèves à intégrer les mathématiques, et tout ceci, en français.

On  peut  faire  l’activité  Simon dit,  des  charades, des  imitations;  des répétitions – toute activité de ce genre amène les élèves à parler dans un contexte qui leur est familier.

 

Montre et raconte!

Les enfants aiment beaucoup partager des objets de leur milieu. C’est pourquoi plusieurs enseignantes et enseignants du programme régulier invitent les élèves à apporter un item personnel ou de la maison, de le montrer à la classe et d’en parler. Cette activité est communément appelée Show and tell.

Voici un moment opportun afin de créer un lien entre le foyer et la classe de français. L’enseignante ou l’enseignant de français langue seconde peut suivre le même horaire de présentation que son collègue anglophone en invitant les élèves à partager l’information à nouveau dans le cours de français. Sans connaître tout le vocabulaire pertinent  aux objets, les élèves auront quand même la satisfaction de partager avec leur amis, et tout ça, en français, avec l’aide de leurs amis et de leur enseignante ou enseignant.

 

L’échafaudage

Comme le mot l’indique, l’activité d’échafaudage permet de partir des con- naissances acquises des élèves, et d’y greffer du vocabulaire supplémentaire. Dès que les élèves connaîssent un mininum de vocabulaire, cette activité prend un nouveau sens.

Tout comme une activité close en écriture, alors que l’élève doit ajouter le mot approprié selon une liste ou puisé dans ses connaissances antérieures, l’enseignante ou l’enseignant dit une phrase ou une expression et omet un mot ou une idée. À ce moment, l’élève, individuellement ou avec un parte- naire, doit dire un mot qui est approprié.

Par exemple, si on veut revoir les couleurs, on montre l’ image d’un chien et dit : « Voici un chien                    ». L’enfant  complète la  phrase avec « brun », par exemple. On passe ensuite au suivant. Le but est d’ajouter à cette phrase des mots reliés au thème et de créer ainsi une phrase riche de vocabulaire, créée par les élèves.

Plus on se sert de cette technique, plus on bâtit le vocabulaire, la confi- ance et la conversation chez les jeunes élèves.

Ces quelques stratégies peuvent être employées avec les élèves plus âgés. Il s’agit d’ajuster selon sa classe, ses élèves et à son mileu.

Ne soyez pas étonné si vos élèves arrivent à l’école un matin et vous dis- ent : « Devine ce que j’apporte à l’école aujourd’hui! » Soyez prêt pour une belle surprise!

Référence :

1- The Kindergarten Program, Revised, Ministry of Education, Ontario, 2006

2- Many Roots, Many Voices: A practical guide for Ontario educators, Ministry of Education, 2005